À la rencontre de Juliette Bourgade, étudiante du Master Digital Politics and Governance, en stage à la Direction de la Transformation Numérique, au ministère de l’Intérieur.
[Témoignage] Comprendre la gouvernance du numérique au-delà de la théorie
Un parcours entre sciences politiques et numérique
À 22 ans, Juliette Bourgade poursuit un parcours tourné vers les enjeux politiques et numériques. Après une licence en sciences sociales, sciences politiques et relations internationales à l’Institut Catholique de Paris, elle a intégré le master Digital Politics and Governance à ESPOL pour approfondir sa compréhension des transformations numériques dans le fonctionnement de notre société et dans les politiques publiques.
Un stage au cœur des enjeux publics de l’intelligence artificielle
Dans le cadre de son cursus, Juliette a effectué son stage à la DTNUM (Direction de la Transformation Numérique) du ministère de l’Intérieur. Elle a découvert cette opportunité via la plateforme pass.fonction-publique.fr et a immédiatement été attirée par les missions proposées, en lien direct avec sa spécialisation. Au sein de la DMIA (Délégation ministérielle à l’intelligence artificielle), une équipe de deux personnes rattachées à la sous-direction de gouvernance numérique des grands projets, Juliette a travaillé sur plusieurs sujets liés à l’intelligence artificielle et à son intégration dans l’administration publique.
Des missions concrètes autour de l’IA et de son utilisation
Sa mission principale consiste à accompagner la montée en compétences des agents sur les usages de l’IA.
« On s’occupe surtout de l’acculturation des agents en interne, soit la vulgarisation de l’utilisation des outils IA au quotidien ou dans la vie professionnelle. »
L’équipe participe également à la réflexion autour des enjeux, des défis et des bonnes pratiques liés à l’intelligence artificielle au sein du ministère, et travaille à la mise en valeur des initiatives IA internes.
« Nous sommes là pour accompagner et discuter autour des enjeux, des défis et de l’utilisation de l’IA. Nous mettons également en valeur les outils internes, qu’il s’agisse d’outils de gouvernance, d’IA souveraines ou des différentes initiatives développées autour de ces sujets. Cela passe aussi par des travaux comme la rédaction d’une charte de bon usage de l’intelligence artificielle et la réalisation d’une cartographie recensant les projets IA menés au sein du ministère. »
Une immersion entre politique et compréhension technique
Ce qui a particulièrement marqué Juliette durant son stage est la possibilité d’aborder le numérique sous un angle plus concret et technique. À travers cette expérience, elle a pu se familiariser avec de nouveaux éléments de langage, travailler au contact d’équipes techniques et échanger avec des entreprises privées présentant leurs solutions numériques.
« Je suis ravie d’avoir pu me spécialiser davantage dans cette dimension technique, à la croisée de deux univers complémentaires : la politique et le numérique. »
Cette expérience a confirmé son intérêt pour les enjeux de gouvernance numérique et l’encourage à poursuivre dans cette voie.
Un intérêt pour les enjeux numériques né au fil de son parcours
L’intérêt de Juliette pour les enjeux liés à l’intelligence artificielle et au numérique n’était pas initialement prévu dans son parcours.
« C’est arrivé un peu par hasard. Avec les sciences politiques et les relations internationales, je savais que j’étais au bon endroit, mais j’avais encore du mal à trouver ma spécialisation. J’ai toujours aimé tout ce qui touche à la communication politique, aux discours, aux évolutions des tendances et des modes de communication dans le monde d’aujourd’hui. Je suis donc tombée sur le master Digital Politics and Governance à ESPOL et tout m’a semblé cohérent, parce que la communication politique fait aussi partie des transformations liées à l’arrivée du numérique et des nouveaux outils. Je me suis retrouvée à explorer à la fois la communication politique et à découvrir complètement ce volet du numérique, qui correspond parfaitement au monde actuel. »
L’arrivée en master Digital Politics and Governance à ESPOL lui a permis de découvrir un domaine qu’elle considère aujourd’hui comme l’un des sujets majeurs de la géopolitique actuelle.
Et après ? Un projet professionnel encore en réflexion
Quant à la suite de son parcours, Juliette reste ouverte aux différentes opportunités qui pourront se présenter :
« J’aime beaucoup travailler dans le public parce que j’ai à cœur de faire monter en puissance, à mon échelle, la souveraineté numérique de la France. Mais j’envisage davantage un début de carrière dans le secteur privé, par exemple comme consultante accompagnant le secteur public, ou de me spécialiser dans la transformation numérique des administrations, tout en restant cohérente avec les principes éthiques auxquels je tiens. »
Son objectif est de continuer à évoluer dans un environnement qui associe innovation technologique, responsabilité et intérêt général.
S’intéresser au numérique pour mieux comprendre le monde qui nous entoure
Pour Juliette, ces sujets sont aujourd’hui incontournables pour mieux comprendre les évolutions de nos sociétés et les enjeux politiques actuels. Selon elle, nous utilisons quotidiennement des outils numériques sans toujours mesurer leur fonctionnement ni leurs impacts.
« J’aime bien dire que le smartphone, c’est le plus gros mouchard qui existe dans le monde. »
Elle insiste sur l’importance de développer un regard plus critique sur nos usages : accepter des cookies, partager des données ou utiliser des applications sont devenus des réflexes sans que l’on comprenne toujours ce qu’ils impliquent réellement. Juliette rappelle aussi que l’intelligence artificielle n’est pas un sujet nouveau : elle existe depuis longtemps et fait déjà partie de nombreuses technologies que nous utilisons au quotidien.
« C’est intéressant de se spécialiser sur l’IA et de savoir comment ça fonctionne réellement parce que le monde d’aujourd’hui est très numérisé, donc autant se prémunir des possibles conséquences. »