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Rencontre avec David Bakradze : de la diplomatie géorgienne aux amphithéâtres d’ESPOL

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TémoignageVie de campus

Entretien avec David Bakradze, professeur associé à l’Université du Caucase et ancien ministre des Affaires étrangères de la Géorgie.

Lille, 2 avril 2026 — Dans le cadre du programme Erasmus+, David Bakradze, professeur associé à l’Université du Caucase et ancien ministre des Affaires étrangères de la Géorgie, a passé une semaine à Lille, à ESPOL. Dans cet entretien, il revient, aux côtés de Michael Holmes, enseignant-chercheur à ESPOL, sur les liens académiques profonds entre la Géorgie et la France, ainsi que sur l’importance des perspectives régionales en géopolitique.

Pour commencer, pourriez-vous vous présenter et expliquer l’objectif de votre visite à ESPOL ?

David Bakradze : Je suis David Bakradze, professeur associé à l’Université du Caucase à Tbilissi, en Géorgie. Notre université entretient une coopération ancienne et importante avec l’Université catholique de Lille, en particulier avec ESPOL. Je suis ici en tant que représentant de la Caucasus School of Governance. Nos institutions partagent des centres d’intérêt très similaires, notamment les relations internationales, l’administration publique et la politique. Grâce au programme Erasmus+, nous facilitons chaque année des échanges d’étudiants et de professeurs.

Quels thèmes spécifiques avez-vous abordés dans vos cours cette semaine ?

David Bakradze : Avec l’aide précieuse du professeur Michael Holmes, j’ai dispensé plusieurs cours portant sur l’action extérieure de l’Union européenne et sa politique étrangère. Nous avons abordé les théories de la sécurité, le flanc oriental de l’UE, ainsi que les conflits en cours et les négociations de paix.

Un axe majeur a été la perspective régionale. Je pense que l’un des grands atouts du programme Erasmus+ est de permettre l’apport de points de vue issus de différentes régions du monde. J’ai tenté de présenter des enjeux comme la guerre en Ukraine et l’indépendance énergétique à travers le prisme de la Géorgie et de la région de la mer Noire. Nous avons notamment discuté de la manière dont les ressources énergétiques de la mer Caspienne peuvent contribuer à diversifier l’approvisionnement énergétique européen.

Vous avez une vaste expérience en politique de haut niveau. En quoi cela influence-t-il votre enseignement ?

David Bakradze : Je ne suis dans le milieu universitaire que depuis deux ans. Avant cela, j’étais un « praticien de la politique ». J’ai rejoint le ministère des Affaires étrangères en 1996 et j’ai passé de nombreuses années comme diplomate, jusqu’à devenir ministre des Affaires étrangères de la Géorgie en 2008. J’ai également été député pendant 20 ans, occupant les fonctions de président du Parlement et de chef de l’opposition. Pour moi, les relations internationales ne sont pas seulement une théorie ; elles ont constitué mon quotidien pendant des décennies. J’ai choisi de me tourner vers le monde académique après les dernières élections.

Professeur Holmes, comment décririez-vous la relation entre ESPOL et vos partenaires géorgiens ?

Michael Holmes : Nous avons des partenariats avec trois universités en Géorgie, et ils sont extrêmement populaires auprès de nos étudiants. Je suis toujours impressionné par la qualité et l’orientation politique des programmes qui y sont proposés. D’ailleurs, après avoir reçu autant de retours positifs de la part des étudiants, j’ai moi-même ajouté la Géorgie à ma liste de destinations à visiter dans le cadre de la mobilité Erasmus+ !

Comment s’est passée l’interaction avec les étudiants à Lille ?

David Bakradze : Ce fut une expérience très positive. Les étudiants ont été très actifs, posant de nombreuses questions, ce qui est toujours bon signe. Bien qu’ils soient déjà très bien informés sur le flanc oriental de l’UE, je pense qu’ils ont trouvé une réelle valeur ajoutée à échanger avec quelqu’un originaire de cette région.

Michael Holmes : Finalement, le monde est très petit cette semaine !

David Bakradze : Oui, c’était incroyable ! Lundi, dans mon cours de licence, j’ai retrouvé deux de mes anciens étudiants français qui avaient passé un semestre en Géorgie. Puis mardi, en master, j’ai rencontré deux de mes anciens étudiants géorgiens qui terminent désormais leurs études ici à Lille. Même mercredi matin, j’en ai croisé un autre ! Malgré seulement trois ans dans le monde académique, j’ai retrouvé un ancien étudiant dans presque chaque amphithéâtre. Cela témoigne de l’intensité et du succès de ce programme d’échange.